Le mot « duo » n’est pas une exagération pour décrire un massage thaïlandais, grâce à sa variété de mouvements. Souvent le masseur et le récepteur doivent travailler ensemble afin de produire l’effet désiré du massage. Un exemple de ceci est l’étirement « Cobra », qui consiste à fléchir le tronc vers l’arrière au niveau de la région lombaire et en même temps étirer fortement les épaules. Voici comment il est fait.

Le sujet se couche sur le ventre avec les bras étirés en formant un angle d’environ 45 degrés par rapport au corps. Les jambes sont fléchies dans une position verticale pour ainsi présenter les plantes des pieds à la personne faisant le massage. Le masseur s’assoie sur elles, en posant ses pieds de chaque coté du sujet au milieu du dos. Les bras du sujet sont maintenant soulevés de sorte que ses poignets touchent la partie supérieure des cuisses du masseur. Il prend fermement les épaules du sujet, se penche en arrière en utilisant ses pieds comme pivot et soulève la partie supérieure du tronc du sujet vers la position de cobra. Cette position est maintenue pendant 10 secondes avant qu’il soit relâché.

Dans les étirements du massage thaïlandais le poids du masseur est employé en contre- poids à la partie du corps qui est soulevée. Pour éviter des blessures, le masseur doit garder l’équilibre et  le control totale de tous les mouvements. Il est aussi important de ne pas réaliser des étirements ou des torsions trop importantes aux débutants de massage et également aux personnes fragiles  ou personnes âgées qui pourraient avoir problèmes d’ostéoporose.

Si on utilise les paramètres de l’anatomie et de la physiologie Occidentales pour évaluer la valeur potentielle du massage thaïlandais, ses effets bénéfiques et thérapeutiques sont évidents. Par exemple, problèmes communs tels que le mal d’épaules répondent extraordinairement bien aux types de manipulation utilisés.  Le « levier de bras fléchi en arrière » est un bon exemple, très simple. Ici le praticien se met sur un genou derrière le sujet dont le bras est fléchi et levé dans une position verticale en tenant la base du cou avec sa main. Alors le coude est doucement poussé vers l’arrière contre la pression qu’exerce la main. Les muscles tendus de l’épaule tels que le trapèze et le muscle grand rond répondent très bien à ce genre de traitement qui facilite également la mobilité de jointure d’épaule.

À tout moment, le praticien doit se concentrer à la stimulation du mouvement des énergies sen. Pour ceux ne connaissant pas cette démarche, le temps consacré à la pression au long des lignes d’énergie, peu paraître un peu disproportionnée. Par exemple, les jambes sont d’abord massées au sujet couché avec les membres étirés. Plus tard, des pressions avec les pouces et les paumes se répètent mais cette fois sur la jambe fléchie et ouverte, ensuite avec la jambe encore fléchie, en se tenant l’autre jambe croisée. Les manipulations à l’aide des paumes et des pouces peuvent se répéter sur le sujet couché sur le ventre ou couché sur le côté. Le masseur/masseuse repassera souvent sur les pieds et jambes pour donner une stimulation additionnelle aux points sen entre deux manipulations impliquant des étirements et torsions. Ce procédé est si doux qu’il ne semble y avoir aucune coupure au long massage. Faciliter le flux de l’énergie aux pieds et aux jambes est fondamental pour trouver la balance énergétique totale du corps, ce qui, pour le récepteur signifie une sensation de « bien-être ». Cela peut être confirmé par des personnes ayant essayé le massage thaïlandais des mains d’un professionnel.

Pour les récepteurs et des spectateurs du massage, la partie la plus étonnante est celle qui ressemble au yoga appliqué. Plusieurs mouvements exigent un contact étroit et parfois presque intime entre le masseur et le récepteur. On aperçoit des merveilleuses formes et des symétries éphémères qui s’évaporent ou se fondent dans la séquence suivante. Le spectateur a l’impression d’admirer une chorégraphié des mouvements conçue pour un duo. En effet, après l’observation du travail des maîtres du massage thaïlandais, on peut croire que chacun d’entre eux est un chorégraphe, ainsi amples et subtiles sont les variations sur un même thème basique.

Un massage thaïlandais est un mélange des techniques. Certaines d’entre elles sont employées pour l’application de pression sur les lignes sen, tandis que les  autres servent à la réalisation des torsions et étirements qui ressemblent souvent au yoga. La pression est appliquée à l’aide des pieds, des paumes, des pouces, des coudes et des genoux. Les mouvements précis et fluides que caractérisent ce massage adoucissent la pression profonde est les étirements qui sont souvent employés. Ceux qui profiteront le plus de ce type unique de massage sont ceux capables de se détendre au point de devenir une pâte à pain dans les mains du masseur. En aucun moment, le récepteur doit « assister » le masseur à réaliser les mouvements particuliers effectués dans la session de massage.

Idéalement, le temps de massage est de deux heures ou plus. Néanmoins, ce temps pourrait paraître excessif pour les Occidentaux souvent si pressés. Heureusement, il est possible de faire un massage correct en une heure mais ceci implique le sacrifice d’une partie de la répétition, en particulier lors des techniques de pression sur les pieds et les jambes, si caractéristique du massage thaïlandais.

Les reflexologues approuveraient certainement l’accent mis sur le massage et la manipulation des pieds. Les thaïlandais commencent par les pieds, soumis à un grand nombre de pressions, d’étirements et des flexions – au moins 20 techniques ! Les orteils reçoivent un traitement additionnel : massage des bouts, le roulement et étirement collectif et individuel, souvent accompagné de craquements.

Le but du massage thaïlandais est d’équilibrer l’énergie du corps en donnant une sensation de bien-être qui dépasse le plan physique pour aller vers l’esprit, les émotions et la partie spirituelle. Selon sa théorie, un équilibre parfait des énergies internes du corps se traduit par une bonne santé. Le massage pratiqué régulièrement réalise aussi une fonction prophylactique puissante et contribue aussi à maintenir la santé. Ceux chanceux qui connaissent les bénéfices du massage thaïlandais confirmeront son incroyable capacité pour décontracter  le corps, pour apaiser et calmer l’esprit et pour vous débarrasser du poids des émotions négatives et ainsi libérer l’âme.

Jusqu’à récemment on croyait que le massage thaïlandais avait une forte signification religieuse pour les Bouddhistes et qu’il était pratiqué exclusivement par des moines. On le considérait comme l’expression physique de la bonté, de la compassion, de l’équanimité et de la joie inexpliquée, ce qui illustre les quatre états de l’esprit, si fondamentaux dans philosophie du Bouddhisme. Quand le massage thaïlandais est pratiqué selon ces principes, il est bénéfique pour le donneur et le récepteur. Malheureusement de nos jours ce type de massage devient de plus en plus commercial.

Les mots « fluide » et « rythmique » pourraient décrire la séquence de pressions lentes, d’étirements et des torsions qui composent un massage thaïlandais. Le nombre et la grande variété des techniques utilisées dans une routine typique pourraient troubler un peu l’apprenti : il y en a plus d’une centaine! Lors du massage, la position de la masseuse/ masseur par rapport au récepteur est aussi importante que manière d’application de la technique. Dans un massage complet, il semble y avoir des nuances infinies de tempo et de pression. Il n’y a aucune discontinuité trop marquée ou un changement soudain de forme : un mouvement se fond dans le suivant d’une façon fluide et harmonieuse. Le temps n’est pas un souci.

Les origines du massage thailandais restent inconnues. Dans sa forme moderne, il est comparé au massage Tuina (Chine) et au massage d’Ayurvédique (Inde), crées depuis environ 4000 et aujourd’hui pratiqués plus ou moins sous leur forme originale pendant plus de 1000 ans. A présent, la Thaïlande occupe un territoire étant auparavant un itinéraire commercial et une route de migration entre la Chine et l’Inde. Grace à ce fait, la Thaïlande est un « potpourri »  des religions des groupes ethniques : chacun d’entre eux a laissé un héritage culturel et a contribué à la construction ce qu’on connaît comme la culture thaïlandaise. À la différence du massage Tuina, dont la théorie écrite et la pratique datent d’il y a 2300 ans, les connaissances du massage thailandais ont été transmises à l’oral de génération en génération, jusqu’ à récemment. Le texte définitif décrivant ce massage unique a été écrit sur pierre à Wat Poh  en 1832 par l’ordre du Roi Rama le III à Bangkok.

On aperçoit dans le massage thaïlandais certaines influences du massage ayurvédique et une ressemblance au massage Chinois. Si bien tous les deux se concentrent  sur les méridiens énergétiques, dans le massage thaïlandais ceux –ci  ne sont pas aussi bien définis que dans le massage Tuina. Les méridiens énergétiques du massage thaïlandais se dénomment les « sen ». Selon une vieille théorie écrite en langue Pali, il existe plus de soixante-douze milliers de lignes « sen », heureusement, le massage thaïlandais moderne travaille seulement avec environ 10 de ces derniers !

Des techniques variées

Alors, quels sont les secrets que gardent les précieuses mains des thérapeutes ? D’abord, il y a les techniques générales  du massage, tel que l’effleurage : il s’agit de la principale technique de diagnostic et de traitement utilisée dans le massage »  [1] Elle se compose des balayages,  des coups exécutés avec les paumes des mains, avec les bras ou les doigts. La direction du balayage peut être longitudinale vers le haut des fibres musculaires, vers le cœur ou transversalement à travers les fibres, d’une façon profonde ou superficielle, selon ce qui est approprié.

Ensuite il y a le frottement, exécuté avec un pouce ou avec le bout du doigt plutôt profondément à travers des fibres, par exemple dans les  secteurs spécifiques où il y a un tissu cicatriciel ou de l’adhérence à la cicatrice. Cette manœuvre est douloureuse et doit être travaillé en douceur, souvent en même temps qu’un travail de respiration profonde. Même si le massage sportif est une bonne option, elle n’est pas toujours indolore. Cependant il ne faut pas oublier qu’il y a de la bonne douleur et  de la mauvaise douleur,  donc si cela vous fait du bien, c’est la bonne sorte !

Finalement, dans le domaine du massage général, il y a aussi le pétrissage, une forme de malaxage, balancement et secouement, de serrage musculaire et  de percussion. Tous ceux-ci ont un rôle à jouer et  ce sont les coups les plus employées par la plupart des thérapeutes de massage, bien que, pas toujours au niveau  médical.

Plusieurs publications sur les techniques les plus spécialisées sont apparu sur le marché, même si très souvent elles sont le résultat d’une évolution à partir des méthodes plus autochtones. Par exemple, il y a la Technique Neuro-musculaire (TN), qui travaille sur le système nerveux et est très similaire à la digitopuncture. Au moment de la blessure, le système nerveux périphérique installe souvent une paroi d’hypertension musculaire pour protéger le secteur traumatisé. Après le rétablissement des blessures, ce secteur d’hypertension demeure parfois, ce qui entraîne une habitude difficile à surmonter. Si vous préparez la zone avec un massage général et appliquez une pression profonde mais subtile sur le point de la douleur pendant 90 secondes, vous pouvez libérer la tension et rompre le modèle réflexe qui s’est développé. Cette manœuvre doit être suivie des exercices d’étirement et probablement de plus de traitements, si le problème persiste. C’est un travail subtil qui exige du talent.

Même si le  TN est une technique passive, il y a un certain nombre de techniques actives dans lesquelles les groupes musculaires pertinents du patient sont activement travaillés accompagné du praticien ou seul. On peut citer la technique énergisante musculaire (TEM) ou la technique de Mitchell,  le strain countestrain (SCS) et la détente des tissus mou (DTM). La détente des tissus mous est une technique relativement nouvelle et hybride qui s’est développée au moins partiellement dans le massage traditionnel thaïlandais. Elle combine la pression et les étirements et est une excellente manière de combattre les adhérences du tissu mou.

Une fois vous avez localisé le secteur de la tension, vous raccourcissez, et donc détendrez, le muscle affecté en déplaçant l’articulation appropriée. Ensuite vous appliquez une pression profonde avec le pouce, la paume ou le poing, sur la zone de l’adhérence et ouvrez l’articulation avec l’autre main pour étirer les fibres à partir du point de la pression fixe. Le frottement créé sépare les adhérences entre les fibres, et le secret réside dans le guidage de la partie adhérente exactement vers la bonne direction pour que toute fonction soit entièrement reconstituée. D’après Mary Sanderson « Le principe de la détente des tissus mous est de cibler exactement les fibres congestionnées. Parfois, l’étirement peut impliquer le plus minuscule des mouvements. Ainsi, la subtilité et la compétence sont nécessaires.

Il est évident que la formation pour le massage sportif ne comporte pas simplement l’étude d’une gamme entière des habilités des techniques mais également les manières dont elles peuvent être appliquées dans n’importe quelle situation, en innovant et en connaissant le fonctionnement du corps. Vous trouverez plus d’exemples dans les études de cas  présentés par Chris Salvary et Mary Sanderson, qui effectuent un travail important avec des athlètes et le grand public.

Ce qui est bon pour un athlète peut être bon pour tout le monde

Un traitement efficace pour un athlète ou un danseur peut être également utile pour n’importe quelle personne souffrant d’une blessure des tissus mous, soit-elle chronique, aigue ou postopératoire. La capacité du praticien d’agir physiquement et latéralement lui permet des améliorations significatives sur les blessures qui ne semblaient pas répondre à d’autres formes de traitement. Certaines des techniques, étant actives et passives au niveau physique, permettent aux patients de jouer un rôle dans leur propre traitement. S’ils sont très motivés, la guérison est plus rapide. Cependant la seule difficulté actuellement, c’est le peu de thérapeutes  formés pour le massage sportif et le peu de valeur que le domaine médical attribue à ce type de thérapie.

Traitement des sportifs

La formation pour  le massage sportif est intense. Elle implique la connaissance d’une gamme entière de techniques bien adaptées pour s’occuper des athlètes ou des danseurs  dans toutes circonstances, car de temps en temps vous ne savez pas si vous devriez administrer vos soins avant ou après l’événement. Votre intervention peut être entre deux événements aux Jeux Olympiques, dans les coulisses du premier acte de Giselle, ou après le marathon de Londres où il vous faut traiter des coureurs amateurs. L’essentiel est de rester flexible, pragmatique par rapport à l’endroit et l’équipement, et armé de votre kit de techniques. Vous devez apprendre à vous débrouiller avec les outils que vous aurez à votre disposition.

N’importe quel sportif ou danseur  peut  bénéficier du massage sportif de plusieurs manières. Il est excellent comme traitement préventif  régulier,  afin de maintenir les tissus en forme. Un microtraumatisme peut  se traiter avant qu’il devienne handicapant, même avant que l’artiste s’aperçoive de son existence. Les lésions sont la crainte de l’athlète professionnel (ou obsédé!) parce qu’elles peuvent l’affecter non seulement  physiquement mais psychologiquement.

Le massage lors d’une épreuve sert à préparer l’athlète avant sa performance, et aussi, dans le cas ou une blessure ou déchirure se produise lors de l’épreuve. Le fait de s’occuper des choses avant qu’elles deviennent sérieuses peut éviter des traumatismes : certains athlètes trop fanatiques lors d’une blessure peuvent se comporter comme un fauve blessé ! Le praticien peut donc s’occuper de la blessure sur place et éventuellement en cas de besoin, se référer à un physiothérapeute ou un médecin pour effectuer un traitement plus intense. Les massothérapeutes sportifs sont formés pour savoir ce qu’ils peuvent ou ne peuvent pas traiter et pour ne pas traiter là  où il y a des contre-indications telles que l’œdème, le cancer ou la thrombose.

Dans le cas des blessures du tissu mou, le  massothérapeute joue un rôle clinique. Par exemple dans les cas des problèmes  postopératoires, tel qu’un tendon d’Achilles qui a été opéré, où il y a un tissu cicatriciel à réparer, ou même la correction d’une posture acquise lors d’une augmentation de la tension d’un muscle (souvent une réponse du système nerveux de protéger le corps d’une blessure). Un massage sportif habilement appliqué peut s’avérer très utile dans tous les cas mentionnés précédemment.

L’évolution du massage sportif

Les  massages sportifs se sont développés à partir du travail effectué par les soigneurs qui étaient derrière les cyclistes professionnels, bien  qu’évidement le massage lui-même  est plus vieux que l’homme des cavernes. En 1989, l’Ecole de massage sportif de  Londres  rempli un espace vide auparavant, celui du traitement professionnel des sportifs et des danseurs, en particulier au niveau préventif. D’autres écoles l’on suivie.

Au début, le massage sportif a été considéré comme une incursion dans le territoire du physiothérapeute On se demandait qui étaient ces drôles des gens qui  restaient au bord des pistes et qui donnaient aux athlètes un massage rapide avant d’aller en compétition.

Avec le temps, et grâce à  l’expertise des praticiens formés pendant les années 90s , une grande partie des médecins  sportifs ont réalisé que le massage sportif avait un rôle très important à jouer, particulièrement pour maintenir les sportifs et des danseurs professionnels  protégés des blessures. Leur  travail est maintenant bien accepté par le comité médical de l’Association Olympique Britannique et encore plus par les sportifs professionnels. Si vous allez aux Jeux Olympiques aujourd’hui, vous allez voir des massothérapeutes sportifs travaillant en collaboration avec les médecins. Bien que ce type de massage ne soit pas que pour les athlètes.

Vers la fin de 1999, j’ai eu une maladie sérieuse suivie d’une chirurgie. Je suis sorti de l’hôpital avec un dos et une épaule gauche presque dans un état de rigor mortis.  Que faire ? La réponse était d’aller chez mon massothérapeute sportif et suivre des traitements réguliers. Après six mois de traitement  j’étais pratiquement guéri et on m’a dit que ma récupération avait été très rapide pour mon cas. Ma massothérapeute m’avait poussé et étiré,  elle a réalisé des pressions à l’aide de ses doigts et  m’a mobilisé en appliquant une technique appelé soulagement des tissus mous. C’est évident que cela m’a soulagé!

Je cite cet exemple pour illustrer la polyvalence du massage sportif, apparu dans les années 90 comme méthode de thérapie de massage de plein droit. À cette occasion je n’étais pas un athlète, danseur ou un accro de la musculation, mais plutôt, juste un monsieur Toutlemonde avec un problème de tissus mous. Ma thérapeute, qui est formatrice du massage sportif à l’Ecole de massage sportif à Londres, m’a traité avec plusieurs techniques dont seul un thérapeute sportif peut avoir la dextérité nécessaire.  Je suis persuadé que le massage sportif peut bénéficier à tout le monde, pas seulement aux sportifs.